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samedi 6 juin 2009

Black Dynamite


The guy who runs the Warrent Report blog said it was THE film to see if you only wanted to see one SIFF film this year. We went. We saw. We enjoyed. This film will do well at the box office. It is a total spoof and everyone in it apparently had a great time pimping and hamming it up. My only complaint is that sometimes it felt as if they were having more fun than the audience. Speaking of the audience, the director Scott Sanders and the male lead Michael Kai White were among us. They stayed for a Q&A session after the film, but we did not. It was late (SIFF movies never start on time and this one was no exception) and I loathe Q&A sessions with the audience. Most of the time, it is a series of bores who try and disguise their monologues by tacking a question on the end.

The best thing about the movie is its length: spoofs have to be relatively short to work because a one-joke movie always goes cold quickly. The second best thing was the names of the various bit players, most of whom portray pimps or dealers: Cream Corn, Nipsy (a nod to Nipsy Russell), Tasty Freeze (played by Arsenio Hall), Kotex and Chocolate Giddy-up are the most memorable ones.

vendredi 5 juin 2009

La folie douce de Séraphine de Senlis





Séraphine, une production franco-belge de Martin Provost qui a gagné le César du meilleur film français en 2009, a été projeté hier à Seattle dans le cadre de la 35ème édition de son festival de cinéma international. Le temps étant à la canicule depuis quelques jours, j’étais contente d’être dans une salle obscure bien climatisée. Le film a eu un grand succès populaire en France, malgré un consensus critique plus mitigé. Je me range plutôt du côté du public, même si je comprends parfaitement la réticence des juges professionnels du cinéma.

Le film est lent, mais pas ennuyeux. L’histoire est mince et, à mon avis, c’est parce qu’on ne connait pas grand-chose de la vie de Séraphine de Senlis : elle est issue d’un milieu modeste, elle perd ses deux parents à un jeune âge, elle travaille comme bergère avant de devenir femme de ménage. Elle aime Le Seigneur et les anges, et puise son inspiration artistique dans la vie spirituelle. Séraphine aime la nature et communique avec elle. Ses voisins et ses employeurs pensent qu’elle est excentrique et peut être folle, mais ils ont besoin de linge propre et sa folie ne l’empêche pas de s’en occuper. Elle fabrique ses propres couleurs et peigne non pas en cachette mais à ses heures perdues. Elle ne se cache pas, mais elle ne se montre pas non plus. A vrai dire, elle semble complètement indifférente à l’égard des gens qui l’entourent. Elle est marginale, certes, mais pas malheureuse.

L’arrivée d’un collectionneur célèbre à Senlis – il détient la plus grande collection de Picasso et découvre le douanier Rousseau – va faire basculer sa vie de femme de ménage le jour, peintre chantant la nuit. Ce monsieur aime ses toiles et pense qu’elle a du talent. En toile de fond, l’armée Allemande qui avance, qui avance, première guerre mondiale oblige. Wilhelm Uhde et sa sœur doivent partir vite, laissant derrière eux Séraphine et ses toiles. La guerre se termine, ils se retrouvent, et une carrière d’artiste peintre couvée par un collectionneur puissant se profile. Puis, le krach boursier fait trembler la planète et surtout les riches, qui n’achètent plus d’art. La folie douce de Séraphine ne se traduit plus dans ses toiles et s’extériorise. Elle est internée en asile psychiatrique et finira ses jours la-dedans : pauvre, folle et oubliée. Elle est enterrée dans une fosse commune.

Voilà pour l’histoire. Yolande Moreau, l’actrice belge qui joue le rôle de Séraphine est parfaite. On dit que la peinture de Séraphine, l’autodidacte, la range dans la catégorie d’art naïf. Uhde n’est pas d’accord et moi non plus. En revanche, Séraphine – telle qu’interprétée par Moreau, est une femme naïve. Quand elle gaspille l’argent qu’elle commence à gagner grâce à son art et aux soins de son « agent », ce n’est pas par extravagance ni par cupidité. C’est tout simplement parce que l’argent est juste une chose de plus à découvrir. C’est une chose qui permet d’acquérir d’autres choses, jolies celles-ci. C’est sans importance pour Séraphine. Tellement sans importance qu’elle dépense sans compter, jusqu’à s’acheter une maison modelée sur un château célèbre, avec l’argent de son agent. Il reçoit la facture du notaire, mais ne peut pas payer.



J’adore Yolande Moreau. Elle n’est pas belle, mais elle est radieuse. Ses yeux bleus semblent par moment enterrés derrière son front et ses paumettes, et pourtant ils brillent. Elle n'est pas grande mais elle est potelée et se déplace comme un ours. Pourtant, elle est pleine de grâce et de vie. Son rôle dans La fabuleux destin d’Amélie Poulain est mineur et pourtant, quand je pense à ce film, je pense d'abord et surtout à elle, qui incarne Madeleine Wallace à la perfection. Pas étonnant que le César de la meilleure actrice a été discerné à Yolande Moreau en 2009 pour son interprétation de Séraphine. Elle avait déjà été primée en 2005.

lundi 9 mars 2009

Entre les murs : un très bon film sur la mondialisation et ses mécontents




Ce film français, réalisé par Laurent Cantet, le metteur en scène d’un film très remarqué sorti en 2003, Ressources Humaines, a été primé aux Oscars cette année. Après avoir décroché la Palme d’or au Festival de Cannes en 2008.

C’est le genre de film que seuls les français savent faire. Un film intime, presqu’en huit clos, sans musique de fond, sans beaucoup de scènes d’action. Que des paroles, ou presque.

Tiré d’un livre autobiographique écrit par François Bégaudeau, qui tient le rôle principal, Entre les murs nous montre – sans trop d’intermédiation – la vie professionnelle d’un prof de collège. Le collège se situe dans Paris, et non pas en banlieue, mais dans le 20ème, un quartier difficile qui en termes d’ambiance, pourrait être dans une cité de banlieue. D’ailleurs, les élèves de François appellent leur quartier ainsi.

En regardant ce film, j’ai vécu deux heures de stresse en boucle. On a l’impression que, à tout moment, les choses peuvent déborder dans cette classe pour finir dans la violence et la haine.

D’abord la haine raciale. Ces jeunes sont d’origines très diverses. Quelques français de souche, comme on dit, et beaucoup d’immigrés. Maliens, Marocains, Guadeloupéens, Chinois… Esméralda, Souleymane, Wey, Rachid. On est loin de mon dernier quartier de Paris, le huitième, avec ses enfants bien sapés et polis, qui s’appellent Sixtine (mais oui, je vous assure), Gaspard, Garance, Hortensia.

Comment apprendre le français à ces enfants ? A quoi ça sert à ces enfants ? Ce que j’aime dans ce film est sa façon de montrer le vrai « melting pot » qui est la France d’aujourd’hui, avec sa clash de cultures, de langues et d’attitudes. On voit un prof (un autre) piquer une crise à cause d’une classe ingérable, et à force de passer du temps avec François devant ses élèves, on comprend bien comment ceci peut se produire. Et on s’étonne que ce ne soit pas plus fréquent.

A la fin du film, François demande à ses élèves ce qu’ils ont appris en quatrième. Ca m’a fait penser à la mission impossible de l’école : de transmettre le savoir, d’éduquer les jeunes, de les préparer pour la vie adulte. Mais comment faire dans une classe, avec les individus si différents et par moment si indifférents… Les élèves charrient le prof un jour car touts ses exemples de phrase ont pour sujet un dénommé « Bill ». Pourquoi toujours un nom de blanc, demande une fille, l’insolente Esméralda. Pourquoi pas un nom africain ou chinois? Bonne question quand tes élèves s’appellent Khoumba, Souleymane, Wey… Cette même fille, qui est représentante de classe et qui en tant que telle fout la merde un jour, donne la réponse la plus étonnante à la question : qu’avez-vous appris cette année. Il se trouve qu’elle n’a rien appris à l école. A bon ? Tu n’as pas lu un seul livre intéressant ? Si, dit elle, mais pas à l’école. J’ai lu La République. De Platon ? répond François, visiblement surpris. Oui, elle répond. Mais comment ça ? C’est un livre de ma grande sœur. Ah, elle étudie la philo ? Non. Mais quoi, alors. Le droit, dit elle, fière. En entendant sa réponse, j’ai ressenti une petite bouffée d’espoir. Est-ce notre système éducatif va mal ? Oui, sans doute. Mais…. Ce n’est pas si grave que ça. Je plains tous ces blancs dans mon pays – oui, il faut le dire comme ça – et tous ces gens qui, de par leur ascension sociale peuvent se permettre de caser leurs enfants dans les écoles privées….car en réalité, elles sont privées de cette richesse née de la mondialisation, de la diversité, de l’immigration.